Jeudi 21 janvier 4 21 /01 /Jan 08:11

            Dimanche 23 août

            Châblis - Auxerre 24 km
 

Je suis levé tôt ce dimanche : à 8 heures je suis en haut du coteau de Milly à 2,5 km du centre ville. Le chemin sinue entre vignes et champs avant de descendre sur Beine. J’ai une longue conversation au téléphone avec Getty  qui s’inquiète pour d’Elise.

 

La chaleur se fait rapidement très pesante ; l’eau est rare sur le chemin et mes réserves s’épuisent vite. Après la traversée de l’autoroute A6, la ville d’Auxerre apparaît en contrebas.

 

Dans la descente avant la traversée de la rocade, la douleur de ma jambe gauche réapparaît plus violente qu’elle n’a jamais été jusque là au point que je me mets à boîter.

 

A l’entrée de la ville, le chemin passe par la gare. J’ai si mal et mon moral est sérieusement entamé; aussi, je m'informe au guichet des heures de train pour Lille. S’il y avait eu un train en partance dans l’heure suivante, je crois que j’aurai acheté un billet de retour. Mais le premier train pour Paris ne part qu'en fin d'après-midi... Je sors de la gare...Un panneau directionnel signale la Maison des Randonneurs hébergement recommandé par RP51... Je suis le fléchage que je perds un moment avant de trouver…porte close à la Maison de Randonneurs.

 

Je reviens dans le centre ville très peu animé en ce dimanche après-midi. J’ai soif et m’arrête à la terrasse d’un des rares cafés ouverts avant de me mettre en recherche d'un autre hébergement. Au passage je visite la vieille ville en particulier la cathédrale St Etienne.

 
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Auxerre : la cathédrale St Etienne

Ma recherche me mène à l’office de tourisme sur les quais de l’Yonne. L’hôtesse s’étonne que la Maison des Randonneurs soit fermée ; en fait, elle n’ouvre qu’à 16h.

 

Moins de vingt minutes plus tard, j’y suis accueilli par Laurent, à qui je fais part de mes inquiétudes à cause de ma tendinite. Il me remonte le moral et me conseille de réduire pour un temps la longueur de mes étapes et de boire beaucoup. A toutes fins utiles il me laisse les coordonnées d’un cabinet de podologie voisin.

 

Ce soir j’appelle Nadège qui m’apprend que son CCD n’est pas renouvelé. Elle n’aura donc plus de travail à partir du 15 septembre et souhaite se réorienter et si possible bénéficier d’un bilan de compétences.

 

 


            Lundi 24 août

            Auxerre - Cravant 21 km
 

Après une bonne nuit je passe au cabinet de podologie qui est fermé et je n’ai pas de rendez-vous...Je repars d'un pas tranquille en tâchant de suivre les recommandations de Laurent.

 

Après la sortie de la ville et une heure de marche le chemin plonge du plateau vers le village de Vaux en bordure de l’Yonne. Après une descente raide (interdite aux cyclistes) et avoir passé le pont, j’emprunte une piste cyclable qui m’évite le centre de Champs sur Yonne.

 

L’après-midi je remonte sur le coteau de l’autre côté du village. De là, le chemin suit une ligne de crêtes qui domine la vallée de l’Yonne. A un carrefour de chemins dans les vignes je perds le balisage… et une demi-heure.

 

Pendant ce temps, le ciel s’est couvert et la chaleur devient lourde. Cette journée dans les vignobles de Bourgogne sera l’une des plus éprouvantes de tout mon parcours.

 

A Cravant, seule étape possible, l’hostellerie St Pierre peut me loger, mais son restaurant est complet ce soir.

Je vais manger au café routier sur la RN6. Sur le trajet, une averse aussi violente que soudaine vient rafraîchir l’atmosphère.

 

Attendant l’heure du repas au bar, j’apprends que l’établissement aurait pu me loger à moindre frais : il dispose de 2 chambres. Je lie conversation avec les routiers et dîne entouré de cinq d’entre eux, étonnés que je puisse envisager un tel périple à pied.

 

J’évoque mes déboires du week-end précédent à Chablis. Plusieurs routiers témoignent de l’arrogance des viticulteurs de cette ville, qu’il leur arrive de livrer.

 

 

 

            Mardi 25 août

            Cravant - Saint Moré 17 km
 

Il a plu une partie de la nuit. Les arbustes sous lesquels je passe en montant le chemin escarpé en sortant du village s’égouttent sur mon blouson et dans mon cou.

 

A Accolay je fais une pose face au port de plaisance avant de poursuivre le long de la vallée de la Cure que l’on domine depuis le bois. Face à Arcy sur Cure puis en arrivant à St Moré, des grottes occupées par l’homme à la préhistoire sont visibles au flanc de la falaise.

 

La descente sur St Moré, particulièrement raide est rendue dangereuse par les feuilles qui  masquent les cailloux. J’apprécie mes deux bâtons qui m’évitent de chuter.

 

A St Moré je trouve le local de l’association CORA qui gère un gîte d’étape. Il s’agit d’archéologues amateurs qui ont exploré les grottes et réalisé un petit musée où sont exposées leurs trouvailles. La porte est grande ouverte, mais je ne trouve personne.

 

Le restaurant café épicerie étant fermé ce soir, je trouve finalement à me loger au camping dans un mobil home un peu délabré où je dîne de ce qui me reste dans le sac.

 

 



Mercredi 26 août

           Saint Moré - Vézelay 16 km
 

N’ayant pas pu déjeuner avant mon départ à 7h30, j’ai modifié  mon itinéraire pour me diriger vers Voutenay sur Cure (à 2 km) en suivant prudemment la nationale 6. J’y passes par la boulangerie et, par une petite route agréable, je rejoins le GR en ayant gagné 4 km. Tant pis pour le site du lac Sauvin et le camp romain de Cora que je ne découvrirai pas.

 

Sur ce parcours boisé je rencontre un renard puis, un peu plus loin, un chevreuil.

 

La matinée se termine lorsqu’apparaît à l’horizon la colline éternelle de Vézelay.

 
Photo0036.jpg Vézelay : la colline éternelle


 

Je pique nique sous un arbre, face à Asquins dont j’ignore encore qu’il fut le point de rassemblement originel des pèlerins de Compostelle avant Vézelay.

 

En début d’après-midi je suis devant la  basilique sainte Marie Madeleine après avoir gravi sous la chaleur la côte  de la Cordelle. Je me glisse parmi les nombreux touristes pour tenter de me recueillir dans ce haut lieu de la chrétienté.

Vézelay :  la basilique Ste Marie Madeleine Photo0037

A la sortie, je recherche les hébergements qui m’ont été signalés par RP51. Le gîte de Béthanie est fermé (les religieuses sont en récollection). Je descends dans un hôtel au nom sympathique (le Compostelle) pour y bénéficier d’une douche et d’un peu de repos.

 

En fin d’après-midi, la chaleur décline  et je fais une nouvelle visite du village et de la basilique où j’assiste à la messe de 18h, espérant y trouver un accueil réservé aux pèlerins. J'apprendrai plus loin sur le chemin que cet accueil a lieu à la messe du matin.

 

A l’hôtel, je croise deux allemands retraités, qui sont venus à vélo de leur pays pour assurer pendant deux semaines,comme hospitaliers bénévoles, l'accueil des pèlerins au refuge de Corbigny.

 

 


            Jeudi 27 août

            Vézelay - Le Chemin 25 km
 

Par un matin lumineux je quitte Vézelay

 
Photo0038

Après Saint Père les vignobles font place à un pays vert où la forêt domine les collines : le Morvan. Je croise Angela une jeune allemande avec laquelle j’engage une brève conversation. Apprenant que je compte m’arrêter pour la nuit dans au gîte privé du village nommé Le Chemin, elle me charge de transmettre ses chaleureuses salutations aux hôtes car elle en vient.

 

Je traverse ensuite le village de Bazoches qui abrite le château et la tombe de Vauban.

 

Photo0041 




 Bazoches en Morvan et le château de Vauban





A 16h30 j’arrive au refuge de l’Huis Perreau (du nom de l'ancienne propriétaire du lieu) où je trouve deux pèlerines belges Eliane et sa fille Marine déjà installées dans le dortoir qui occupe l’ancienne étable de cette vieille ferme restaurée.

 

Mr et Mme Karl Muss, nos hôtes sont hollandais. Il y a 5 ans, alors qu’il était âgé de 56 ans, il est parti de Vézelay pour Compostelle. Arrivé dans ce village il s’y est arrêté car cette maison était à vendre. Il l’a achetée et restaurée pour en faire un refuge pour pèlerins.

 

Depuis, ils quittent chaque année début mai les Pays Bas pour ce petit village morvandiau qu’ils quittent fin octobre. Il cultive un potager et une vigne bio et madame cuisine à partir de ces produits. Ce soir nous échangeons gaîment autour d’un excellent gratin de légumes et de poisson.

 

 


            Vendredi 28 août

            Le Chemin - Saint Révérien 29 km
 

Depuis Le Chemin, je descends vers Anthien où j’ai la chance d’arriver au passage de la boulangère. Je suis abordé par une dame qui me demande si je n’ai besoin de rien. Elle est originaire du Pas-de-Calais et reçoit des pèlerins chez elle à l’occasion.

 

Les dix kilomètres qui me séparent de Corbigny sont parcourus facilement. Avant l’entrée de la ville, la tuilerie de la chapelle continue de fonctionner avec un ancien four à bois.

 

J’arrive à Corbigny en plein marché ; je m’y procure de quoi manger pour la journée. Après la sortie de la ville je grignote quelques fruits et du pain avant de repartir ver Chitry les Mines. J’y passe devant la maison de Jules Renard et le monument qui lui est dédié.

 

Le responsable du gîte pèlerin de St Révérien que j’ai appelé m’in forme qu’un autre pèlerin est déjà installé au gîte qui dispose de deux lits.

 

André ,70 ans, parti trois jours plus tôt de Vézelay (il a fait étape la veille à Corbigny) m’accueille à mon arrivée.

 

Il s’est découvert un talent caché de masseur magnétiseur qu’il tente de développer par des formations spécifiques. Je lui confie mes pieds et ma jambe gauche qu’il me masse.

 

Le responsable du gîte se joint à nous dans la soirée. C’est un ancien agriculteur célibataire qui vit avec sa mère âgée et malade pour laquelle il se fait beaucoup de souci. Nous passerons près d’une heure à discuter.

 
            Photo0039 L'église de St Révérien




 

            Samedi 29 août
            St Révérien - Premery 17 km

 Je ne marche pas seul ce matin. La conversation va bon train et la matinée passe vite.                Nous sommes surpris d'arriver à 13 heures à notre étape.
 
Nous déjeunons au restaurant du petit hôtel où nous avons décidé de passer la nuit. André s'est ralié à cette option après avoir appris que le bungalow qu'il pensait occuper au camping n'a ni eau ni électricité.
 
L'après-midi et la soirée passent vite entre visite du village, achats au supermarché repos et détente.

 

 

Par Frère Alain 59 - Publié dans : Pèlerins du monde
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